musée des arts premiers

Musée des arts premiers, à la croisée des cultures du monde

 

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 » Les cultures sont faites pour dialoguer. «  Une des affiches de la campagne publicitaire
annonçant l’ouverture du musée du quai Branly : la rencontre entre Paris et des
œuvres venant d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques.

 

Très attendue, l’inauguration du musée du quai Branly a eu lieu le 20 juin dans le cadre du deuxième sommet France Océanie [1].Consacrée aux arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, cette institution lancée sous le haut patronage de l’Unesco vise à redonner à ces derniers toute la place qu’ils méritent. 

 

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Reproduction d’une sculpture
nigérienne Nok en terre cuite
(entre 500 av. J.-C. et 500 apr. J.-C.)
appartenant à la collection du musée.

 

« L’idée de l’égalité entre les cultures.  » Tel est bien ce qu’entend promouvoir le musée du quai Branly que peuvent aujourd’hui découvrir les amateurs d’arts et de cultures extra-européens. L’institution, qui réunit les collections du musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie et du Laboratoire d’ethnologie du musée de l’Homme, affirme en effet tenir son originalité de son  » propos politique qui tranche avec le passé colonial « .

Mais la spécificité du musée, dont la création a été décidée en 1996 par le président de la République Jacques Chirac, prend aussi d’autres biais, telle l’architecture. Sis au cœur d’un jardin arboré, le bâtiment principal dessiné par l’architecte Jean Nouvel ressemble ainsi à une passerelle sur pilotis que protège une haute et longue palissade de verre curviligne. Autre curiosité du lieu : un immense mur végétal, recouvrant le bâtiment administratif, mêle 15 000 plantes de 150 espèces. Il a été conçu par Patrick Blanc, chercheur au Centre national de la recherche scientifique. Quant aux collections, elles ne pourront qu’étonner le public par leur qualité, leur diversité et leur présentation.

La muséographie s’organise autour d’aires géographiques (Océanie, Asie, Afrique, Amériques) et d’espaces carrefours (Asie-Océanie, Insulinde…). Elle met l’accent en particulier sur la  » profondeur historique des cultures présentées «  et fournit des éclairages thématiques. Dans une mezzanine centrale sont aussi abordés les apports de l’anthropologie au XXe siècle. Plus de 3 500 œuvres seront exposées en permanence sur les 300 000 du musée. Parmi elles, certaines ne passent pas inaperçues. C’est le cas notamment de la tête moaï, une sculpture monumentale acheminée au XIXe siècle depuis l’île de Pâques, et du mât Seligmann, un gigantesque totem de cèdre rouge des Indiens de Colombie-Britannique.

 

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Sculpture de l’île de Malo,
Vanuatu, Océanie, début du XIXe siècle.

 

Les collections ont bénéficié d’une campagne de conservation préventive (récolement, décontamination, nettoyage, informatisation, prises de vue en 3D…) sans précédent en France. Une politique d’acquisitions a également été mise en œuvre afin de permettre au musée d’obtenir une centaine de pièces exceptionnelles visant à renforcer les collections, et notamment à rééquilibrer  » les lacunes que l’histoire coloniale ou scientifique a laissé subsister sur le plan de la représentation géographique des cultures «  [2].

Afin que les objets en réserve puissent eux aussi dévoiler leur splendeur, ils seront mis en vedette lors d’expositions temporaires. Des manifestations où la création contemporaine trouvera également sa place. La première longue exposition proposée dès l’ouverture a pour thème :  » Qu’est-ce qu’un corps ?  » Une programmation de spectacles (musique, danse, théâtre…) liée aux collections sera en outre mise sur pied. Enfin, les visiteurs pourront parfaire leurs connaissances dans la médiathèque, qui détient un fonds considérable et où 25 000 ouvrages sont en libre accès.

Placé sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication et de celui de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le musée a, enfin, l’ambition d’être un centre de recherche et d’enseignement de haut vol, résolument placé sous le signe de l’interdisciplinarité. Ainsi, outre l’anthropologie, seront mobilisées l’archéologie, la linguistique, l’Histoire, l’Histoire de l’art ou encore l’esthétique.

http://www.quaibranly.fr

Florence Raynal
journaliste

 

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Plus de 3 500 œuvres
seront exposées en permanence
sur les 300 000 du musée.

 » Notre objectif est de favoriser les échanges. « 

La coopération internationale est un axe fort de la politique du musée du quai Branly. Quelle en est la philosophie ?

Séverine Le Guevel : Nous souhaitons tisser des liens nouveaux et durables, débarrassés des malentendus et controverses du passé, avec les pays d’origine des collections. Notre objectif est d’être reconnus en tant que pôle de référence scientifique et culturel à l’échelle internationale, mais aussi d’établir le dialogue en développant des actions de coopération multidisciplinaire qui favorisent la réciprocité des échanges. Cela concerne des domaines aussi variés que la préservation du patrimoine, la conservation, la création contemporaine… Nous entendons, en outre, témoigner de notre engagement en faveur de la diversité des arts et du dialogue entre les cultures.

Comment cela se traduit-il ?

Tout d’abord par des coopérations bilatérales qui prennent la forme de prêts et de collaborations sur les collections, dans le cadre notamment de coproductions d’expositions. Nous avons ainsi, avec le Pérou, un ambitieux projet d’exposition de manteaux funéraires qui fera suite à un travail commun de restauration.

Autre programme important : celui avec l’École du patrimoine africain de Porto-Novo, au Bénin, que nous montons avec le ministère des Affaires étrangères. Intitulé  » Les musées au service du développement « , il devrait concerner 26 musées africains et vise notamment à stimuler leur fréquentation. Nous nous inscrivons en outre dans des actions de coopération multilatérale en participant à divers réseaux internationaux.

Enfin, nous développons des coopérations en matière de recherche et de formation. Cela suppose en particulier l’accueil de professionnels étrangers pour des stages de courte durée ou de chercheurs en résidence de longue durée.

 

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Opération de dépoussiérage
et de désinfection des œuvres
avant leur installation dans les réserves
du musée du quai Branly.

 

Comment le musée est-il d’ores et déjà perçu à l’étranger ?

Nous sommes surpris par l’intérêt qu’il suscite et par la multiplicité des demandes qui lui sont adressées. C’est très positif. Cependant, nos collections suscitent aussi des interrogations quant à l’usage que nous comptons en faire. Nous avons fait le choix de la transparence, car nous avons le souci d’instaurer le dialogue, y compris sur les questions les plus épineuses. La preuve en est, d’ailleurs, que l’ensemble des œuvres et des commentaires sera accessible en ligne. Nous sommes conscients que cela générera des réactions dues aux différences culturelles. Par exemple sur les objets  » interdits de vision  » dans leur pays d’origine parce que chargés d’une force magique ou sacrée. Nous menons donc une réflexion poussée pour trouver un bon équilibre entre le respect des cultures et notre vocation première. Cela passe par un dialogue étroit avec les ambassades de ces États, à Paris.

 

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Masque en bois du Congo.

 

Le musée Dapper, l’Afrique tout en art

Dédié aux arts anciens et contemporains d’Afrique, des Caraïbes et de leurs diasporas, le musée Dapper, qui a été créé à Paris en 1986, organise chaque année en son sein deux importantes expositions temporaires [3]. Ainsi, en 2006 – entre le 27 avril et le 13 juillet -, cet espace culturel privé propose-t-il au public  » Masques, 50 visages  » et  » Sénégal contemporain « , présentant divers dessins, peintures, sculptures, installations, qui s’inscrivent  » de façon originale dans la modernité « . Le musée Dapper s’intéresse en outre aux arts vivants et possède une salle de spectacles qui reçoit des publics diversifiés. Il comprend également un pôle édition.

www.dapper.com.fr

 

 

 


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