Le patrimoine culturel africain

 

Le patrimoine culturel africain

Le patrimoine culturel africain est largement sous-estimé, surtout quand on ne veut prendre en compte que l’influence qu’il a exercée au XXe siècle sur certains courants artistiques européens. L’art africain n’est pas seulement une source d’inspiration pour Picasso ! C’est l’expression d’un courant spirituel et esthétique qui ne se limite pas au seul « art nègre », à l’« art primitif ». On parle d’« art primitif » ou d’« arts premiers », mais ces termes sont inadéquats, ce sont des conventions, dans la mesure où ils ne prennent en compte bien souvent que l’influence de la sculpture africaine et océanienne sur les créateurs occidentaux, et le musée du Quai Branly, tout en étant un musée de ces « arts premiers », aura une vocation plus large, son approche sera plus globale, et s’efforcera d’être le plus fidèle possible à l’histoire africaine, à sa place dans l’aventure humaine, car on a dépouillé l’Afrique de son histoire. Un Européen, un Français sait que son passé est structuré par des dates qui lui servent de repères, de jalons chronologiques, comme 1515 ou 1789. Les styles sont désignés par des appellations comme « Louis XV » ou « Louis XVI ». L’Afrique a été privée de cette profondeur historique, et on lui a substitué une approche intemporelle, l’illusion d’un temps continu et étale. Or, le continent africain a connu des mutations importantes, il a eu une riche histoire que l’on redécouvre aujourd’hui, et c’est aussi une façon de reconquérir son patrimoine culturel.

Il convient donc tout d’abord de remettre l’histoire africaine – dans toutes ses dimensions – à sa place dans l’aventure humaine, et, dans cette perspective, une stratégie purement défensive et nationale, qui ne passerait pas par ces instruments de dialogue entre les cultures que sont les musées étrangers serait inefficace. Mais un musée est un lieu étrange, qui regroupe des objets qui n’ont pas été créés pour se trouver là, c’est un lieu d’accueil pour des objets déracinés, et, en un sens, il a quelque chose d’artificiel. Il lui appartient de replacer ces témoignages, artistiques et sociaux, dans leurs contextes. Cela n’est pas toutefois propre à un musée d’art africain : après tout, un musée de la mode et du costume qui présente des robes de Jacqueline Kennedy ou de Marilyn Monroe donnent une autre fonction à ces vêtements. L’ambiguïté est tout aussi présente.

Il n’en reste pas moins que les musées sont des lieux de dialogue. On assiste à cet égard à une évolution curieuse : depuis une quinzaine d’années, il existe un véritable engouement pour les musées, qui ne sont plus les lieux poussiéreux et déserts de jadis ; ce sont désormais des endroits à fort prestige, mais ces musées sont consacrés pour l’essentiel à la célébration de la culture nationale ou locale. On veut sans doute, de cette façon, rendre hommage à des cultures humiliées, mais que devient la fonction essentielle, celle qui fait du musée d’abord un lieu de dialogue ? Les premiers musées qui se sont créés en Angleterre, aux Pays-Bas, en Italie, étaient pourtant des substituts du voyage et s’efforçaient de donner une impression de l’Autre. Si le musée peut contribuer à renforcer l’estime de soi, il est aussi, et c’est une mission fondamentale, un instrument de connaissance de l’Autre et de partage.”

 

 


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