découverte de l’art africain

la découverte de l’art africain.

A partir du XV si ècle les navigateurs portugais explorent l’ Afrique et l’ Europe et
découvrent peu à peu l’ art africain. Au siècle suivant commence l’ époque des traitants. Toutes les grandes puissances maritimes viennent avec leur flotte marchandes commercer avec les peuples sur la côte africaine. Ces navigateurs arrivent accompagnés de
missionnaires chrétiens qui veulent convertir ces peuples autochtones qualifiés de barbares. Les objets d’ art sont considérés alors comme des fétiches. Les hécatombes opérées par ces missionnaires privent le monde à tout jamais d’une multitude de chefs d’ oeuvre de l’ art africain.Au XIX siècle les explorateurs vont s’ élancer à la découverte de l’ intérieur du continent et ses terres inconnues. Ils sont pour la plupart géographes. La publication de leurs relations de voyage à leur retour en Europe va susciter le développement d’ une nouvelle science: l’ ethnologie, spécialisé dans l’ étude des peuples du monde entier et de leurs civilisations.
Pendant la période de la colonisation, les grandes puissances européennes vont envoyer leurs colonnes militaires. Ils prétendent que les africains sont des primitifs. . L’ art africain ne présente aucun intérêt, il n’ existe pas. Il est relégué au rang des outils des hommes
préhistoriques, il marque une époque dans l’ histoire de l’ humanité.

La véritable rencontre de l’ art africain et de l’ Europe se fait au XX siècle.

Il y est décelé une nouvelle écriture qui va répondre pour certains artistes comme Matisse, Picasso, Gauguin, Vlaminck, à leur préoccupation et marquer le point de départ de la rupture avec les normes académiques. Ces artistes occidentaux sont les premiers à
reconnaître autant de valeurs humanistes chez les artistes africains. Ils admirent la puissance abstraction de cette expression, la richesse, la variété, la vitalité qui rayonne dans cet art. Ils y trouvent une nouvelle source d’ inspiration et même un style nouveau, le Cubisme, art abstrait qui casse le carcan des lois imposées aux artistes depuis la Renaissance. Enfin, les
objets d’ art africain vont être regardés comme des oeuvres d’ art. Il n’ était plus question de beauté, de laideur, mais bien d’ une émotion directe, d’ une manifestation spontanée. L’ engouement pour l’ art africain caractérise < les années folles >. C’ est aussi bien sûr le temps des grandes collections privées. De nos jours, des centaines d’ expositions d’ art africain sont organisées chaque année dans le monde. Des musées, des galeries d’ art et des collectionneurs privés s’ arrachent ces oeuvres dans les grandes ventes aux enchères
internationales et atteignent des prix records.La côte d’ Ivoire est située sur la Côte occidentale de l’ Afrique
Elle est entourée à l’ ouest par le Libéria et la Guinée, au nord par le Mali et le Burkina-faso, à l’ est par le Ghana et au sud par l’ océan Atlantique. Pour une population d’ environ 12 millions d’ habitants, la Côte d’ Ivoire comprend plus de 60 ethnies. Terre mosaïque, riche de la diversité de ces ethnies, la Côte d’ Ivoire a été et demeure un carrefour d’ immigration. Les différentes populations ont pu élaborer un art plastique aux expressions multiples. Les arts traditionnels ivoiriens comptent parmi les plus riches d’ Afrique, les plus productifs et diversifiés sur le plan artistique. Ce foisonnement de styles de matières, de sujets variés sont l’ expression d’ une seule et même aspiration à la beauté. Un art en recherche constante d’ esthétique. Ces différentes ethnies n’ ont pas cessé au fil des siècles de se regrouper, se séparer et surtout d’ échanger des traditions et des styles artistiques. Ces rapports ont aussi permis la constitution de spécificités. En effet ces populations ont su développer chacune de leur coté une forte identité artistique de sorte que
l’ on peut les différencier.

Le masque.

De cette diversité artistique, j’ai choisi de présenter les masques, leurs caractéristiques, leurs
fonctions, leurs ressources plastiques. Le masque africain est entouré de beaucoup d’ ignorance ou d’ idées préconçues et fausses. Ce n’ est pas un accessoire de théâtre Ce n’ est pas un objet d’ art décoratif, figuratif Ce n’ est pas un objet d’ art dans sa finalité comme nous l’ entendons conditionné par notre goût européen Ce n’ est pas un objet inerte Ce n’ est pas un objet utilisé dans le but d’ actes de sorcellerie C’est plutôt un être sacré qui utilise le support matériel d’ un homme, considéré alors comme un gardien, pour apparaître et s’ exprimer. Il est vivant, il s’ intègre dans un ensemble. C’est une oeuvre conçue pour provoquer des sentiments de respect, de crainte, de terreur, de courage, d’ hilarité…..

Ses caratéristiques.

Il y a dans les masques deux caractères essentiels qui aident à la compréhension de ses fonctions respectives. Les masques comme institution associés aux rites et à la pratique de la danse, il s’ agit des masques sacrés et des masques profanes.

Les masques sacrés

Ils représentent les ancêtres de tous les masques, ils représentent une divinité, une force. Ils détiennent les pouvoirs religieux. Ils exercent une action propitiatoire à l’égard des puissances bénéfiques ( génies, dieux secondaires ) qui sont des intermédiaires, entre les hommes et une déité diffuse dans l’ univers. Ils expriment la majesté, la sagesse, le mystère des forces surnaturelles qui les animent. Ils sont chargés de montrer l’ invisible. Ils peuvent aussi éloigner les puissances du mal, ils protègent les hommes des forces maléfiques. Ils interviennent dans des cérémonies bien particulières, rites de passage, purification, sacrifice, initiation,conjuration… Ils jouent un rôle essentiel dans le rétablissement de l’ ordre social. Ils représentent des ancêtres et Dieu, ils sont bons et justes. Ils punissent ceux qui apportent le désordre et l’ insécurité. Ils sont les juges suprêmes. Ils détiennent les pouvoirs juridiques. Ils règlent les litiges, les problèmes de familles, de clans, de tribus. Ces masques ne sortent que pour des événements vraiment importants publiquement ou dans une enceinte privée, sacrée. On les reconnaît à leur grande jupe de raphia de palmier séché, leur coiffe énorme faite de plumes ou de peaux de bêtes ou de tissu recouvert de cauris, leurs ornements, chasse mouche,bâton, grelots aux pieds pour marquer le rythme. Le jour de sa sortie, la population se mobilise, à la fin de la cérémonie tous les assistants passent devant le masque sacré pour recevoir le kaolin purificateur.

Les masques profanes

Cette catégorie est représentée par un ensemble de petits masques très nombreux qui se produisent au moment des fêtes de réjouissance. Ce sont des masques de divertissement. Ils représentent les ancêtres du clan de la famille, destinés à attirer l’ame de l’ ancêtre et à capitaliser sa puissance vitale. Immortels, ils sont dépositaires du patrimoine culturel. Ainsi il leur appartient de raconter l’ histoire, ils sont la mémoire du peuple. Ils forment une société hiérarchisée, le masque sacré est au sommet entouré par une cour d’ autres masques. Le masque guerrier : chargé de la conquête et de la défense du territoire. Il accompagne le masque sacré lorsqu’ il s’ agit de rendre la justice en cas de préjudice. Lors de fêtes, il est chargé de surveiller les comportements de tout un chacun pour détecter les mauvais éléments. Le masque griot : Il est le compagnon fidèle du masque sacré. Il est un chanteur solitaire, il louange le masque sacré. Il est aussi le masque espion, il écoute, il observe, il rapporte au masque sacré. Il influence le masque sacré à être plus clément. Le masque chanteur : Il est historien, généalogiste, il chante les louanges des hommes. Il est aussi danseur. Il anime toutes les fêtes. Il est indispensable pour les réjouissances comme pour les funérailles. Le masque danseur : Il est un des premiers masques apparu. Il est le virtuose de la danse, il a une forte vitalité. Il est très souvent accompagné du masque chanteur. Le masque mendiant : Il est à la fois en bas et en haut de la hiérarchie. Il est en quête de spécialité. En attendant d’ être initié dans l’ art de la danse, du chant, de la guerre, il distrait le monde par ses plaisanteries et ses mimes. Il va de case en case mendier des aliments. Le porteur de masque.
Le porteur de masque est initié. Son identité doit toujours rester inconnue. Sa personnalité s’ efface complètement. Il n’ est qu’ un support humain par lequel le masque devient accessible aux hommes.

ses fonctions.

Le masque est tout à la fois : vecteur essentiel de revendication d’ une identité locale, généralement un personnage mythique bienfaiteur de la communauté….Il régit les
collectivités. C’est une institution traditionnelle à la fois RELIGIEUSE, POLITIQUE, ECONOMIQUE, HISTORIQUE, THERAPEUTIQUE. Différents types de masques existent. Cette différenciation se fait autour de leurs fonctions. Religieux : Il assure la médiation entre dieu, ancêtres et les hommes. Il apparaît dans les rites de passage. Il est protecteur contre les esprits maléfiques. Politique : Le masque garantit la hiérarchie sociale. Instance suprême pour le règlement de tous les problèmes qui peuvent se poser à la communauté. Il fait respecter l’ ordre et la justice. Il intervient dans toutes les décisions vitales. Lorsque le masque a parlé, nul ne peut le contredire. Ses décisions sont sans appel. Social : il veille à l’ harmonie de la communauté. Il assure la pérennité du savoir. Il assure le lien entre les ancêtres et les vivants. Il apporte au village la bénédiction des ancêtres. Culturel : Il appartient au patrimoine culturel de l’ Afrique. Il est le dépositaire de la culture d’ une ethnie. Les hommes se succèdent, les peuples se déplacent, la société évolue, mais le masque reste depuis sa création le témoin de ces multiples changements et mutations. C’ est donc lui qui peut rendre compte de l’ évolution du peuple. Économique : Il garantit la stabilité sociale nécessaire pour le développement. Il est le bien collectif qui appartient à l’ ensemble de la famille. Il intervient directement dans la production comme élément mobilisateur des forces.
 
SES RESSOURCES PLASTIQUES

 Il existe une corrélation absolue entre les formes et les fonctions. Les formes évoluent, l’ artiste tente de concilier son art avec son époque. Les pièces révèlent une volonté de renouvellement des thèmes traditionnels.
Mais le désir de produire des masques forts, percutants est fondamental en Côte d’ Ivoire. Ces oeuvres atteignent leur but lorsqu’ elles satisfont d’ abord le sens esthétique ou un au delà de l’ esthétique, la vision d’ un infini spirituel, la beauté ou la terreur. Le masque pour
être efficace devra être ravissant, témoigner d’ une excellence dans l’ exécution ou inversement manifester une sorte d’< horreur sacrée >. La forme stable n’ est qu’ un jeu de forces secrètes, de puissances vitales. L’ étude esthétique de ces masques variés révèle un
intérêt pour l’ abstraction, épuration des formes, structurations savantes, arêtes, saillies, libre cours à la fantaisie, puissance, équilibre, jeu de symétrie et d’ asymétrie, lignes évocatrices, jeux de volumes géométriques ou arrondis, bombés, jeux de courbes. Voici la symbolique de quelques couleurs des masques africains :

- le blanc = c’est une couleur de passage, le passage de la mort à la renaissance, la mutation d’un être. Elle est également la couleur de Dieu (lien avec les ancêtres), représentant la lumière, l’innocence, la pureté et la droiture. Elle est fabriquée à partir du kaolin ou en pilant la craie (autrefois, on se servait de coquilles d’escargot, d’oeufs, d’excrément de lézard ou de serpent sacrés ). Dans certains villages du Nord du Nyari-Kwilu, le kaolin signifiait deuil, et l’on s’en servait pour « décorer » les tombes.
- le noir = c’est une couleur négative ; elle représente la mort, l’anéantissement, le mal, la sorcellerie et l’antisocial. Elle est fabriquée avec du charbon de bois ou du noir de fumée. En Côte d’Ivoire, ce sont les feuilles ou les écorces de lianes qui servaient à la concevoir. Il s’agit d’une valeur complémentaire chez les Igbo.
- le rouge = le symbole est ambivalent. Elle représente le sang, le feu, le soleil, (et donc la chaleur), mais aussi la réintégration d’un être marginal, la fécondité et le pouvoir. Le rouge foncé représente les forces agressives et le sang impur. Elle est fabriquée à l’aide de substances minérales, sacrificielles (ex : une noix de kola mâchée puis recrachée. Mais maintenant, les tribus utilisent de la peinture commerciale).
- le jaune = c’est une valeur complémentaire chez les Igbo. Elle représente la paix, la sérénité, la fortune, l’espoir, la fertilité, l’éternité, mais aussi le déclin et l’annonce de la mort.
- le bleu = c’est une couleur négative qui représente la froideur, mais, paradoxalement, la pureté, le rêve et le repos terrestre.
- le vert = représente la croissance, la nourriture et la virilité.
- l’ocre brun = c’est aussi une valeur complémentaire chez les Igbo.

L’art sacré et l’art profane. 

Dans la majorité des cas, les objets sont des objets sacrés, destinés la plupart du temps à participer à des cérémonies et à des rites religieux animistes où quelques initiés seulement ont droit d’ assister. Les objets rituels ne doivent pas être exposés devant le grand public. Pendant toute la durée de leurs fonctions, ces objets sont cachés,à l’ abri des regards des
étrangers, des femmes et des non-initiés. Il ne sortent qu ‘à l’ occasion des grandes cérémonies. Il existe également des arts somptuaires. A la différence de l’ art rituel, ces arts et toutes les productions qui s’ y rattachent appartiennent au domaine du profane. La frontière entre les arts somptuaires et l’ art religieux n’ est pas aussi nette que le laisseapparaître leur définition respective.

 

 

 


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