Les myhes et légendes : Histoire de Yennega

Les myhes et légendes : Histoire de Yennega

 

La littérature orale africaine comprend des mythes et des légendes. Les mythes permettent de faire vivre des modèles sociaux du groupe. Nous avons le mythe du bagré qui a été donné par Jack Goody qui montre comment la société perçoit son environnement. Chez les moose du Burkina, nous avons la légende de Yennega qui montre comment le royaume moaaga a été créé. Voici le récit de la légende de Yennega : Le chef de Gambagha avait une fille comme héritière. Elle grandit et atteint l’âge du mariage sans que son père ne songe à lui donner un mari. Cette situation dura fort longtemps jusqu’au jour où elle sortit pour aller en brousse. Elle trouva un lopin de terre où elle cultiva du gombo. Sept jours plutard, le gombo poussa bien au point de se faner. Un jour, à son tour, son père sortit pour se promener en brousse. Il vit le champ de Gombo fané. Outré, il revint à la maison et demanda à ses femmes quelle était celle qui avait semé du gombo au point de le laisser se faner sans le récolter. Et ses femmes répondirent qu’elles n’étaient pas les propriétaires de ce champ, tout en le priant de bien vouloir s’adresser à sa fille Yennega. Le chef de Gambagha appela sa fille et lui demanda :

 

- Yennega, est-ce toi qui a cultivé ce champ, es-tu bête ? Voici sept jours que tu as laissé le gombo se faner sans le récolter. Sa fille lui répondit en paraboles :

- Si l’échange équivaut à un don, que chacun garde son bien. Voici sept jours que j’ai semé ce gombo qui a vieilli au point de se faner, alors que je suis patiente depuis vingt deux ans dépourvue de mari par la faute de mon père.

Si mon père n’y prend garde, je vieillirai comme ce champ de gombo. Très touché, le chef de Gambagha s’engouffra dans la cour royale, s’entretint avec un page (sogonè) à qui il ordonna de sceller un cheval qu’il remit à sa fille qui l’enfourcha, et il lui intima l’ordre de quitter le village. Alors Yennega s’enfuit avec le cheval dans la brousse. Mais en route, elle perdit le contrôle du cheval qui la renversa dans des herbes. Au même moment passait un chasseur nommé Riare que les gens appellent aussi Riallé (1) qui prit Yennega dans sa demeure et l’épousa. Yennega attendait un enfant. Alors Riare envoya un émissaire prévenir le chef de Gambagha. Apprenant la nouvelle, il s’indigna :

 

- Cette nouvelle n’est pas conforme à la coutume parce que je n’ai pas donné ma fille légalement en mariage.

 

Ma fille ne peut pas se perdre à ce point. Mais plutard, le fils de Yennega nommé Ouédraogo(2) revint au Gambagha pour y régner sur le trône. Quand les moose racontent l’histoire de la reine de Gambagha Yennega, cela renvoie en fait aux origines de l’empire moaaga.

 

(1). Riare selon une hypothèse linguistique viendrait du sens suivant « Lorsque j’entre en brousse je mange n’importe quoi, tout ce que je vois », en tenant compte du fait qu’il était un chasseur. Mais le sens historique oscille entre plusieurs hypothèses. Selon encore certaines sources orales, il serait un prince Madingue.

 

(2). Littéralement « cheval mâle » sans aucun doute en souvenir de l’étalon qui l’amena vers son mari.

 


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